
Comment adapter nos écoles à l'ère du réchauffement climatique ?
Épisode 21 - Avec Mathilde Lécluse, Noémie Simand et Mathieu Evide.
Fermetures d’écoles, brevet reporté, classes surchauffées : le réchauffement climatique s’invite désormais dans le quotidien de millions d’élèves. Pour preuve : le 22 juin 2026, 49 départements français ont été placés en vigilance rouge canicule, un niveau jamais atteint, et 845 écoles et collèges ont fermé leurs portes.
Et la France n’est pas un cas isolé : selon le rapport « Learning Interrupted » de l’UNICEF, plus de 171 millions d’élèves dans le monde ont vu leur scolarité perturbée par un aléa climatique en 2025.
Problème : nos écoles n’ont pas été pensées pour le climat actuel. Selon la Banque des Territoires, seules 10 à 15 % des écoles primaires répondent aux exigences énergétiques actuelles, et d’après le Cerema, quatre collectivités sur cinq se disent confrontées à l’inconfort d’été dans leur patrimoine scolaire. Un chantier colossal : en 2023, l’ancienne ministre déléguée chargée des Collectivités territoriales, Dominique Faure, chiffrait le besoin d’investissement à 5,2 milliards d’euros par an pendant dix ans.
Alors, comment en est-on arrivé là ? Quels sont les impacts de la chaleur sur la santé et l’apprentissage des enfants ? Les territoires ultramarins, déjà fragilisés, sont-ils les grands oubliés de l’adaptation ? Quelles solutions, parfois simples et peu coûteuses, peut-on mettre en place dès maintenant ? Et que peuvent réellement faire les collectivités locales, avec quels moyens ?
Avec :
- Mathilde Lécluse, responsable du plaidoyer et du climat à UNICEF France.
- Noémie Simand, chargée de projet qualité d’usage des bâtiments au Cerema.
- Mathieu Evide, responsable du service voirie et environnement de la Mairie de Chatou.
Belle écoute !
CHIFFRES CLÉS
171 millions
C’est le nombre d’élèves dont la scolarité a été perturbée par un aléa climatique en 2025.
3500
C'est le nombre établissements fermés le jeudi 25 juin 2026 au plus fort de la canicule.
8°C
c'est le gain de température gagnée grace à la pose de stores extérieurs dans une classe de Juvignac (Hérault).
SOLUTIONS
Pour agir à l’échelle de son école :
- Parents d’élèves : comment agir ? : le ministère de l’Éducation nationale présente les modalités de participation des parents à la vie de l’école, notamment à travers les élections de représentants et les conseils d’école. Une piste pour porter la question du confort thermique auprès des équipes éducatives et de la mairie.
- Le guide de la végétalisation des cours d’école (CEREMA) : une ressource à consulter pour comprendre les principes d’une cour plus végétalisée, les bénéfices attendus et les points de vigilance en matière de sécurité et d’entretien.
Pour devenir acteur de son école :
- Les Aires éducatives (Office français de la biodiversité) : un projet pédagogique qui permet aux élèves de gérer collectivement un petit espace naturel, avec l’appui de leurs enseignants et d’acteurs locaux. Une manière de découvrir concrètement la biodiversité et de participer à la protection de leur environnement.
- Les éco-délégués : un dispositif qui permet aux élèves de proposer et de mener des actions en faveur de la transition écologique dans leur établissement.
- Ma cour OASIS — mallette pédagogique : une ressource gratuite pour les élèves de l’élémentaire. Son parcours « Adapter ma cour de récréation au changement climatique » aborde notamment les îlots de chaleur, la biodiversité et l’eau, et accompagne une réflexion collective sur l’aménagement.
- La cour d’école (Réseau Canopé) : un ouvrage avec 16 fiches de mises en situation. Il traite entre autres de la végétalisation, de l’adaptation climatique et de la conception d’une cour avec les élèves.
Pour les petits lecteurs :
- Une oasis, Tram Anh Vo, album dès 3 ans autour d’un oiseau qui cherche un îlot de fraîcheur en ville. Une entrée accessible pour parler de chaleur, de nature et d’espaces ombragés avec les plus jeunes (Éditions LA TÊTE AILLEURS).
Fresques et jeux pour comprendre le climat :
- La Fresque du Climat Junior, adaptée aux 10–14 ans, elle fait relier les causes et les conséquences du dérèglement climatique.
- La Fresque du Climat – Cycle 3 : un jeu pédagogique en cartes, prévu pour des groupes d’élèves et utilisable en atelier ou dans un projet de classe.
- Climat Tic-Tac : un jeu de société dès 10 ans, pour 2 à 5 joueurs, qui aborde les risques climatiques et les solutions.
RESSOURCES
- Canicule : les épreuves écrites du diplôme national du brevet sont reportées aux 1er et 2 juillet (Ministère de l’Éducation nationale – 2019)
- Canicule : un plan d’urgence de 190 millions d’euros pour adapter 12.500 établissements scolaires (Banque des Territoires – 2026)
- Learning Interrupted: Global Snapshot of Climate-Related School Disruptions in 2025 (UNICEF – 2026)
- Heat and Learning (American Economic Journal: Economic Policy – 2020)
- New Research Shows Global Impact of Extreme Heat on Learning (UCLA Luskin Center for Innovation – 2020)
- France : De nombreux enfants à Mayotte privés d’éducation (Human Rights Watch – 2025)
- Le bâti scolaire à l’épreuve de la transition écologique (Sénat, rapport d’information – 2023)
- Agir maintenant contre la surchauffe dans les écoles (Cerema – 2025)
- 70% of 10-Year-Olds Now in Learning Poverty, Unable to Read and Understand a Simple Text (Banque mondiale – 2022)
- Des milliards d’euros nécessaires chaque année pour adapter les bâtiments scolaires au changement climatique (Public Sénat – 2026)
TRANSCRIPTION DE L'ÉPISODE
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Charlotte Simoni
Juin 2019. Pour la première fois, les épreuves du brevet des collèges sont reportées à cause de la chaleur. Une décision inédite. Le ministre de l’Éducation nationale de l’époque, Jean-Michel Blanquer, explique dans un communiqué, je cite, « Il est impensable de faire composer des élèves pendant plusieurs heures dans des salles surchauffées. » Sept ans plus tard, l’exceptionnel est devenu un scénario d’été classique. Le 22 juin 2026, 49 départements sont placés en vigilance rouge canicule, un niveau jamais atteint, et 845 écoles et collèges ferment leurs portes. Trois jours plus tard, au plus fort de l’épisode, ce sont environ 3500 établissements, essentiellement des écoles primaires, qui sont fermées, tandis que des milliers d’autres aménagent leurs horaires.
Ces chiffres racontent une réalité. Nos écoles n’ont pas été pensées pour le climat actuel, et la France n’est pas un cas isolé. Selon l’UNICEF, Plus de 171 millions d’élèves dans le monde ont vu leur scolarité perturbée par un aléa climatique en 2025.
Alors comment en est-on arrivé là ? Pourquoi a-t-on pris autant de retard dans l’adaptation des écoles face aux dérèglements climatiques ? Quels sont les impacts sur nos enfants ? Quelles solutions mettre en place ? Et que peuvent faire les collectivités locales ? Une enquête que je vous propose de découvrir aujourd’hui dans un nouvel épisode de À chaud.
Belle écoute !
Charlotte Simoni
Le 10 septembre dernier, l’UNICEF publiait son rapport Learning Interrupted sur les perturbations scolaires liées au climat dans le monde en 2025. Et les chiffres sont édifiants. Sur les 106 pays et territoires concernés par cette étude, 40 d’entre eux ont subi plusieurs épisodes de perturbations scolaires sur la seule année 2025. Au Pakistan, les inondations de la Mousson d’Oût ont ainsi retardé la rentrée de plus de 28 millions d’élèves. En Espagne, plus de 500 000 élèves de la communauté valencienne ont été touchés par les tempêtes de mars, puis par le cyclone post-tropical Gabriel en septembre. Et les plus touchés sont aussi les plus fragiles. Trois quarts des élèves concernés vivent dans des pays à faible revenu ou intermédiaire inférieur, où les retards d’apprentissage sont déjà immenses. Mais ces retards ne se mesurent pas seulement aux jours de classe manqués. L’exposition à de fortes chaleurs en classe altère par exemple les fonctions cognitives essentielles à la réussite scolaire.
Alors je me suis demandé, est-ce que l’école n’est pas en train de devenir l’un des premiers lieux où les enfants ressentent physiquement le changement climatique ? Mathilde Lécluse, responsable du plaidoyer et du climat à l’Unicef France, m’en dit plus.
Mathilde Lécluse
En fait, ça va être l’un des premiers lieux, comme tu le disais, comme ils y passent beaucoup de temps forcément. Ça va compter énormément pour eux que l’école soit un lieu adapté. Donc si elle ne l’est pas, en effet, c’est sûr qu’ils vont le ressentir particulièrement à l’école. mais leur logement reste bien sûr aussi l’un des premiers lieux. Je dirais, à la différence d’un logement, l’école, c’est un endroit où on a besoin de se concentrer. C’est un endroit où on a besoin aussi de se gérer émotionnellement, physiquement. Et ce, dès le plus jeune âge, on apprend assez vite à se responsabiliser. À l’école, on voit dès la maternelle, on vous apprend. à gérer les crises de pleurs, à gérer la sieste, l’endormissement, à gérer le fait d’aller aux toilettes sur les pauses. Toutes ces choses-là, l’école, ça demande de pouvoir se concentrer, d’avoir déjà une bonne capacité d’adaptation. Et donc, un enfant, si tu interroges en effet un scientifique sur sa physiologie, il pourra tout de suite te dire qu’un enfant, ça n’a pas les mêmes capacités de concentration qu’un adulte, qu’un enfant.
Nous, ce qu’on dit à l’UNICEF, très simplement, c’est qu’un enfant, un jeune, ce n’est pas un mini-adulte, ce n’est pas un adulte en taille XXS. Pas du tout. Un enfant, si on regarde sa physiologie, je trouve ça assez intéressant de regarder l’espace que prennent ses organes vitaux à l’intérieur de son corps. C’est à peu près 70% et 30% aux muscles, graisses, tout ça. Et c’est l’inverse. pour un adulte. Il faut juste imaginer ce que ça demande au métabolisme de faire fonctionner, développer ce corps. Et donc, bien sûr, c’est pas… d’un coup, on devient majeur et ça s’inverse. C’est durant toute la vie. Et puis si on regarde, en fait, nous, à l’UNICEF, et c’est aussi le cas pour Santé République France, on va vraiment s’intéresser notamment aux mille premiers jours parce que c’est les enfants les plus vulnérables. Et en fait, ces enfants-là, ils ne pourront pas. Les premiers jours, ça va jusqu’à deux ans. Donc en fait, c’est des enfants qui déjà vont à la crèche, peuvent commencer à s’adapter. Ces enfants n’auront pas la capacité de se thermoréguler. Ils sont beaucoup plus rapidement déshydratés. Il y a un risque… pour le développement de leur cerveau lorsqu’il fait trop chaud ou lorsqu’ils ne sont pas bien nutris ou hydratés.
Et en fait, avec ces crises, ça se renforce. Donc l’école, déjà pour les enfants, le principal problème, c’est pour les enfants les plus jeunes, vraiment l’école primaire. Mais en fait, on le voit aussi pour les enfants qui passent des examens. Parce que là, c’est même pareil quasiment que pour un adulte, et c’est encore pire pour un jeune. Mais à partir de 32 degrés, se concentrer, tenir. pendant trois heures dans une salle d’examen, c’est quasiment impossible. C’est quasiment impossible. Et si on demande ça encore pire à des jeunes qui passent le brevet, donc qui sont plus jeunes et qui ont encore moins cette capacité, parce qu’ils peuvent encore moins se termoreguler, c’est vraiment quasiment impossible. Donc l’école, c’est un endroit qui va aussi les faire tester leurs limites physiques, physiologiques et psychologiques. Parce que… il faut aller au bout de ses capacités physiologiques dans la journée quand on doit se concentrer, se retenir pour aller aux toilettes. On ne peut pas aller chercher à boire toutes les cinq minutes. Donc, il y a un vrai travail d’adaptation, de prévention aussi au niveau des éducateurs, des professeurs qui doivent savoir que dans ces périodes-là, il faut que l’élève sorte toutes les dix minutes s’il a besoin de boire ou de marcher ou de se rafraîchir parce qu’en fait… sa physiologie est mise à mal et qu’on lui demande énormément d’efforts dans une salle de classe. Et puis ça peut bien sûr beaucoup impacter aussi chez lui son sommeil, sa concentration pour les devoirs, et puis vraiment la faculté à gérer ses émotions aussi.
Charlotte Simoni
Les conséquences du réchauffement climatique ne se manifestent pas partout de la même façon. Quand on parle des écoles face au climat, on pense spontanément aux canicules qui rendent les salles de classe difficiles à supporter en métropole. Mais les données du rapport racontent une autre réalité. En 2025, ce sont les tempêtes qui ont le plus perturbé le temps scolaire en France, particulièrement en France hexagonale. Un maillot, le cyclone Shido, qui a frappé l’archipel en décembre 2024, a bouleversé la rentrée de plus de 115 000 élèves. Prévue initialement le 13 janvier 2025, elle a d’abord été reportée au 20 janvier, puis une seconde fois au 27 janvier. Et cette catastrophe a frappé un territoire où les enfants sont déjà vulnérables. Selon l’ONG Human Rights Watch, près de la moitié de la population maoraise a moins de 18 ans. Et 8 enfants sur 10 vivent dans la pauvreté. Avant même le passage du cyclone, le système éducatif était déjà sous pression, avec des écoles et des classes surchargées. Dès lors, une question se pose. Face au changement climatique, les écoles des territoires ultramarins sont-elles suffisamment prises en compte dans les politiques d’adaptation ? Ou sont-ils les grands oubliés ? Et si oui, pour quelles raisons ?
Mathilde Lécluse
Sur les perturbations scolaires de 2025, les outre-mer ont été très impactées, notamment par les tempêtes. Dans les tempêtes, il y a les cyclones. Et donc, c’est, je dirais, le principal problème quand on parle des événements climatiques en France. en comprenant bien sûr les Outre-mer, c’est qu’on va se focus sur ce qui se passe en Hexagone. On a énormément entendu parler de ce qui s’est passé cet été sur le territoire métropolitain. On a beaucoup moins entendu parler des vagues de chaleur en Guadeloupe, en Martinique, alors que ce sont des territoires qui sont encore plus parfois exposés aux fortes chaleurs et aux canicules, aux étés caniculaires. Et en effet, on entend un petit peu moins parler aussi des vulnérabilités propres aux territoires ultramarins, notamment leur insularité. Pour la Guyane, qui est le seul territoire qui n’est pas insulaire, c’est un territoire amazonien. Il y a aussi un contexte très spécifique. Et si on ne s’intéresse pas aux médias locaux, donc outre-mer première ou ce genre de choses, on n’a pas forcément une visibilité de ce qui se passe dans ces territoires. Or, c’est souvent plus fréquent et plus intense que ce qui se passe en métropole.
Le réchauffement a plus d’impact. pour l’instant dans ces territoires, du fait de leur situation, surtout géographique et de leur contexte locaux, parce que ce sont aussi des territoires déjà avec plus de vulnérabilité, moins résilients de base, donc ils sont plus exposés et ils sont aussi plus vulnérables parce que, je me suis regardée déjà les économies locales, il y a beaucoup de monoculture dans certains endroits, je pense notamment aux Antilles. À Mayotte, il y a déjà une crise de l’eau, avant les effets du changement climatique. Il y a déjà une crise de la scolarisation, de la densité de population, de logements précaires qui ne sont pas des logements solides. Donc tout ça, c’est des effets finalement qui vont augmenter cette vulnérabilité et le changement climatique va être multiplicateur de vulnérabilités. Il ne faut plus s’intéresser aux territoires ultramarins parce qu’ils ont… à la fois, ils sont plus exposés, et à la fois, c’est comme le changement climatique multiplie les vulnérabilités, et qu’ils sont déjà plus vulnérables du fait de leur économie, de l’idée de leur territoire. C’est surtout ça qu’il faut prendre en compte.
Après, est-ce que l’adaptation dans ces territoires, elle est oubliée ? Pas vraiment. Dans le sens où, localement, comme ils sont plus exposés, ils sont aussi pionniers. Mais c’est plutôt du local. C’est-à-dire qu’il faut aller regarder, il faut toquer aux portes des mairies. Et nous, c’est ce qu’on a vu dans les premiers résultats de notre étude. C’est qu’en fait, il y avait un super collège-lycée adapté à Mayotte, qui est vraiment génial. Mais ça, c’est une initiative locale. C’est aussi des mairies qui ont pris à bras le corps ce problème et qui ont déjà fait en sorte d’avoir une jeunesse dans un conseil des jeunes. Je crois que c’est dans la capitale. de l’une de la réunion, Saint-Denis, où du coup, on a des jeunes qui participent à la planification. On a déjà des choses qui sont faites. Le problème, c’est que comme l’approche n’est pas encore transformationnelle au niveau des besoins, donc de ce que l’État français prévoit et de ce qu’il donne pour que ça corresponde aux besoins, là, on n’est pas sur une approche qui priorise vraiment pour l’instant. les plus vulnérables dont les Outre-mer, parce qu’on manque de ces indicateurs de vulnérabilité sur l’enfance.
Donc on est plutôt dans des approches locales pionnières, très intéressantes, dont on peut beaucoup apprendre pour la métropole, mais on manque quand même de ce pilier de cette pyramide qui est celui de la planification et qui inclut vraiment les vulnérabilités des Outre-mer et qui propose un plan qui répond vraiment en France à tous les territoires les plus vulnérables, à toutes les populations les plus vulnérables, de façon égale. en lien avec la Convention des droits de l’enfant, mais surtout notre Constitution. Aujourd’hui, il y a beaucoup de personnes dans ce territoire, notamment à Mayotte, sur la crise de l’eau, qui se plaignent d’une inégalité territoriale extrême. Ne pas pouvoir avoir accès à l’eau potable en France, c’est quand même quelque chose de très inégal selon les territoires, ou avoir un enfant qui ne peut pas aller à l’école toute la journée parce qu’il y a la rotation des classes. car il n’y a pas assez de personnel et d’infrastructures qui peuvent accueillir tous les élèves. Ça aussi, c’est très inégal, on ne trouve pas cette situation à Paris. Donc, on a ce problème d’apporter une réponse égale à tous et qui est basée sur une planification solide et des indicateurs solides, notamment sur l’enfance.
Charlotte Simoni
On vient de le voir, le changement climatique accentue les inégalités, notamment dans les territoires ultramarins. où les enfants sont à la fois plus exposés aux risques climatiques et confrontés à des vulnérabilités déjà bien installées. Pour autant, ces territoires sont aussi des lieux d’expérimentation où les collectivités prennent des initiatives pour adapter les écoles et associer les jeunes aux décisions. Alors, que peut-on apprendre de ces initiatives ultramarines ? Et quelles solutions parfois oubliées pourraient nous aider à mieux adapter les écoles face à la chaleur ?
Mathilde Lécluse
En général, les populations les plus… les plus impactés, surtout les territoires les plus impactés, en France et dans le monde, sont pionniers d’adaptation, ont déjà beaucoup de solutions. C’est aussi la même chose, s’intéresser à ce que font tous les pays du Sud les plus impactés, et faire remonter ces savoirs dans nos Outre-mer, mais aussi dans les pays du Nord, parce qu’en général, il y a énormément de savoirs très intéressants. Il y a à la fois les collectivités qui vont déjà avoir mis en place des choses, mais il y a aussi ce qu’on… les savoirs un peu plus ancestraux, locaux, des personnes qui ont toujours eu l’habitude de s’adapter à leur environnement. Là, je pense notamment au peuple autochtone et qui, pareil, ont des moyens d’adaptation qui ne demandent pas beaucoup de technologies et qui permettent vraiment de s’adapter de façon assez simple. et avec sur tous les écosystèmes. Et je pense que c’est quelque chose qu’on oublie beaucoup, parfois en hexagone, c’est-à-dire qu’on a entendu les débats pendant les canicules qui portaient surtout sur clim ou pas clim.
Mais la clim, en fait, ce n’est pas forcément quelque chose qui fonctionne avec une prise et de l’énergie. La climatisation, c’est avant tout un phénomène naturel. Et un phénomène naturel qui vient des écosystèmes. Et du coup, on parlait tout à l’heure, en effet, du fait de végétaliser les écoles, alors copeaux de bois ou pas copeaux de bois, pareil, c’est un faux débat. La vraie solution, c’est des arbres et de la végétation qui permettent de se protéger entre elles. Et ça, c’est des savoirs qu’on a. un petit peu oublié et il y a de plus en plus de documentation sur les solutions fondées sur la nature. Et donc là, ce qui va être intéressant, c’est qu’en fonction des territoires, c’est différent parce qu’on n’a pas tous les mêmes contextes, mais comme aussi il fait de plus en plus chaud partout, il faut aller regarder ce qui se faisait souvent pour l’Hexagone plus au sud parce que c’est ça qui va nous permettre de bien nous adapter, c’est d’aller regarder ce qu’on faisait dans un climat plus chaud pour… comment ils ont fait pendant des années dans ce climat plus chaud et le mettre en place en France, dans un climat plus vieux, dans un climat où il y a des cyclones.
Et donc, tout ça va nous permettre de nous adapter. Et donc, en fait, la transmission des savoirs, elle est très importante. Mais surtout, se reconcentrer sur la fonction des écosystèmes, préserver nos écosystèmes, c’est vraiment le point le plus central ici. Ça ne suffit pas, bien sûr, qu’il va falloir mettre la climatisation dans les maternités, les services de néonates, de jaillatrie, de pédiatrie. Dans les systèmes de santé, on ne va pas pouvoir planter des arbres dans les hôpitaux directement. Et quand on sait à quel point les hôpitaux sont inadaptés, parce qu’ils datent majoritairement des années 70 et ont des grandes barrières, on a des problèmes urgents. Et donc là, on peut mettre une climatisation électrique. Mais pour ça, on peut aussi avoir une approche de l’énergie qui peut changer. En France, on est très bon en la matière. On n’est pas quasiment les premiers au monde à avoir verdi tout notre système d’électrification. Donc en fait, c’est aussi pas… énorme problème. La climatisation, c’est surtout qu’elle relâche de l’air chaud et qu’il y a des inégalités en termes d’accès, qui est un gros problème. Et ça ne doit pas être une situation généralisée partout. Et là, si on regarde les Outre-mer, en effet, eux, ils ont une habitude un peu plus ancrée de jouer avec le vent, l’aération, la végétalisation, parce qu’ils ont plus vécu dans des climats tropicaux que ça a été le cas en Hexagone. Donc on peut utiliser ça. Et après, il y a en fait même dans l’Hexagone déjà des cas aussi d’écoles aménagées. Je dirais en fait que c’est avant tout faire remonter tous ces bons exemples. Mais ça existe, il y a un site en France sur l’adaptation au changement climatique, qui est un peu une bibliothèque de ce qui se fait. C’est juste qu’il n’y a pas encore assez d’obligations, de financements et de transversalisation de ces procédés.
Charlotte Simoni
Vous l’aurez donc compris, la question n’est pas seulement de reconstruire les écoles endommagées. C’est aussi de faire en sorte que les enfants puissent continuer à apprendre malgré les crises climatiques. Pour l’UNICEF, cela suppose de penser l’adaptation à tous les niveaux, dans la planification de l’éducation, dans la conception des bâtiments, l’organisation de la continuité pédagogique en cas d’urgence, mais aussi dans la préparation des enfants eux-mêmes aux risques climatiques. En Irlande, suite à la tempête Eowyn en janvier 2025, qui a perturbé la scolarité de plus d’un million d’enfants, L’UNICEF Irlande a ainsi appelé à placer l’éducation au cœur de la planification climatique à long terme. Pour organiser ces réponses, l’UNICEF propose un cadre, la pyramide de l’éducation résiliente. Elle hiérarchise les actions à mener, les transformations les plus systémiques jusqu’aux mesures qui concernent directement les enfants. Mathilde Lecluse nous en explique les différents niveaux.
Mathilde Lécluse
D’abord, il faut qu’en bas de la pyramide, le fondement de ce qu’il faut faire, c’est vraiment… des politiques publiques, de planification et les budgets. Nous, ce qu’on pousse à faire et ce qui a été réalisé dans la plupart des pays où l’UNICEF est partenaire du gouvernement, nos pays d’action, c’est qu’on fait un Climate Landscape Analysis for Children, un état des lieux du risque climatique pour les enfants. C’est une méthodologie UNICEF. Et on a commencé à développer sur le territoire français pour notre travail d’influence face au manque, justement, de focus sur… les enfants, l’entrée enfance, qui permet de couvrir tous leurs besoins, tout leur environnement de vie et qui est donc plus transformationnel. On a commencé à faire ce travail qui sera publié en mars sur les Outre-mer. Donc, aller regarder tous les risques pour les enfants. Et à partir de ça, on peut souvent faire une cartographie.
Donc, on regarde l’exposition des enfants. Pour ça, il faut regarder où sont les enfants, où sont leurs écoles et les services dont ils dépendent et où sont les aléas. On a ces cartes. L’INSEE fait les cartes de où est la population française sur le territoire par âge et Météo France publie des données très précises sur chaque aléa. Et donc cette superposition nous permet de comprendre l’exposition des enfants. Et ensuite, il faut aller regarder leur vulnérabilité. Ça, c’est la façon dont fonctionnent les analyses de risque publiées par le GIEC en 2022 dans leur rapport sur la vulnérabilité. C’est comme ça qu’on comprend un risque. Donc là, on n’est pas dans quelque chose, en plus, qui n’est qu’une approche enfance, mais une approche du risque, celle qui est préconisée par les scientifiques, celle qui est préconisée dans l’adaptation et qui est utilisée par tous les praticiens d’adaptation au changement climatique. Et donc cette vulnérabilité, par contre, il faut aller regarder ce qui est spécifique aux enfants, qui n’est pas forcément fait ici, par tous les praticiens d’adaptation au changement climatique, parce que la vulnérabilité des enfants sont souvent mal comprises, comme on disait, la physiologie, ce n’est pas quelque chose qui est beaucoup mentionné, et donc là, ça va aller être ce qui est spécifique aux enfants, donc les services dont ils dépendent, est-ce que les enfants sont plus pauvres économiquement, et grâce à tout ça, on va pouvoir comprendre le risque.
Et grâce à ça, on va pouvoir faire une planification qui est vraiment… pertinentes, prioritaires et les budgets qui, on le sait, sont de plus en plus restreints, sont précieux. Et bien, nous pouvoir aussi être dirigés vers les actions les plus importantes, qui ont le plus de poids pour l’environnement de l’enfant, qui vont vraiment nous mettre en sécurité et qui vont cibler les plus vulnérables. Donc en France, ça va surtout être les personnes vivant dans les Outre-mer, dans les banlieues, isolées. ou qui sont très exposés aux changements climatiques ou très vulnérables pour des raisons, par exemple, de pauvreté économique. Ensuite, bien sûr, le deuxième niveau, c’est l’éducation, c’est l’éducation, plutôt les infrastructures scolaires résilientes. Donc, il faut un lieu refuge, un lieu de protection. L’école ne peut pas être réquisitionnée. Et donc, on coupe la scolarisation lorsqu’on réquisitionne une école et on l’utilise comme on utiliserait un gymnase. parce que l’école, c’est le seul bâtiment qu’on a à dater. Non, l’école, c’est pour les enfants. Ça doit être le lieu de refuge pour les enfants. Si on y met des adultes et d’autres services, en fait, on rompt l’accès à l’éducation. Et ça, c’est grave dans un univers où il y a déjà une crise des apprentissages. Il y a plus des deux tiers des enfants de 10 ans qui ne savent aujourd’hui pas lire un texte simple dans le monde. En fait, on a déjà cette crise. de qualité de l’éducation, d’accès à l’école. Donc si à chaque fois qu’il y a un événement climatique, et pour certains pays, c’est plusieurs fois par an, on rompt l’accès à l’éducation, ce n’est pas possible.
Donc l’école, ça doit être un lieu de refuge, de protection des enfants, mais ça doit être aussi un lieu où, quand ils y vont, ils savent qu’ils vont pouvoir être bien, agir, que les choses vont continuer de la façon la plus normale possible. C’est très important aussi pour leur développement psychologique, qu’il y ait un cadre. C’est pour ça qu’il nous faut des infrastructures résilientes. Et donc ça, c’est vraiment le deuxième pilier. C’est l’école comme vraiment le centre de protection, de refuge des enfants, là où ils savent qu’ils vont avoir un cadre qui va être maintenu. Et ensuite, bien sûr, il y a le système d’éducation, pas juste l’infrastructure. Ça, c’est un peu plus en haut de la pyramide, qui est, comme je disais, l’éducation à la protection des risques, la formation des enseignants, le fait… qu’on ait aussi tout pensé pour la continuité de cette éducation au niveau des programmes scolaires, du matériel dans les classes, qu’on ne dépende pas trop de l’extérieur. Et puis tout en haut, c’est le haut de la pyramide, c’est ce qui va permettre de transformer les enfants d’un statut un peu passif à un statut d’acteur et de leur donner les moyens. Et là, c’est tellement important parce que… des enfants qui ont les capacités, ce sont aussi des enfants qui peuvent identifier plus leurs besoins et éléments, et ce sont surtout des enfants qui ont moins de stress, parce qu’un enfant qui agit, c’est un enfant quand même qui a moins peur et qui subit moins. C’est très important de leur donner ces capacités. C’est un peu cette pyramide de l’éducation, du système éducatif, qui va permettre de comprendre comment on va du systémique au niveau le plus individuel, mais bien sûr la base, c’est de pouvoir créer la base de cette pyramide. Donc il faut pour ça déjà aller récolter les données et comprendre où sont les enfants les plus vulnérables.
Charlotte Simoni
Parmi les quatre piliers fondamentaux de la pyramide de résilience climatique du système éducatif mis en place par l’UNICEF, il y a le bâti. En France, le chantier est colossal. Et pour cause, près de huit écoles primaires sur dix ont été construites entre 1950 et 1975 avec des matériaux tels que le béton ou le bitume. qui transforme les établissements en véritables îlots de chaleur l’été. Et d’après la Banque des Territoires, seuls 10 à 15% des écoles répondent aux exigences énergétiques actuelles. Côté budgétaire, les besoins sont massifs. L’ancienne ministre chargée des collectivités territoriales Dominique Faure estimait en 2023 le besoin en investissement à 5,2 milliards d’euros par an sur 10 ans pour les rénovations des quelques 51 000 écoles publiques. Pour apporter des éclaircissements à ce chantier, le CEREMA a publié en juin 2025 un rapport intitulé « Agir maintenant contre la surchauffe dans les écoles . Sa pilote, Noémie Simand, chargée de projet qualité d’usage des bâtiments, m’explique d’où est partie l’étude et quel est son objectif.
Noémie Simand
On travaillait sur ces programmes de sobriété énergétique, Cubes et Cube École. Et c’était à l’époque qu’on travaillait sur… Cubès, les collèges et lycées. Et donc, on était en contact avec les associations de collectivités et on se rendait bien compte qu’il y avait un sujet qui était en train d’émerger sur le confort d’été. Et puis du coup, on avait lancé une étude, une enquête en 2021. Une enquête sur plusieurs sujets, mais on avait fait un zoom sur l’aspect confort d’été. C’était en 2021, donc ça fait déjà 5 ans. Auprès de… plus de 200 collectivités. Et en fait, dans les réponses qu’on avait reçues, on s’est aperçu que 4 collectivités sur 5 se disaient confrontées à de l’inconfort d’été sur son patrimoine scolaire, y compris sur du bâtiment récent. Et les collectivités, ce n’était pas seulement celles qui étaient au sud de la France qui avaient répondu. Donc, on sentait quand même qu’il y avait quelque chose qui était en train de monter. Donc, on a souhaité… Alors, ça a été un… petit peu long, on ne l’a pas lancé tout de suite, évidemment, mais en tout cas, ça devait être en 2024 où on s’est mis vraiment sur le sujet, puisqu’il est sorti en juin 2025. Et notre souhait, c’était vraiment à la fois de rassembler toutes les connaissances qu’on pouvait avoir sur le sujet, en ne se limitant pas au sujet bâtiment, parce que moi, je travaille au sein d’un domaine bâtiment, mais l’idée, c’est vraiment d’aborder le sujet le plus transversalement possible, c’est-à-dire en allant voir aussi Merci. au-delà des murs de l’école, sur la cour d’école et sur les abords des écoles.
Et puis, le deuxième objectif, c’était de se centrer sur des actions à court et à moyen terme. Donc après, c’est un peu délicat de mettre des limites en termes de temporalité, mais en tout cas, puisqu’on parle aussi de végétalisation, un arbre potentiellement, ça met du temps à pousser quand même. Mais en tout cas, l’idée, c’est de se dire, au-delà de cette rénovation globale, qu’on peut faire sur le bâti ? Qu’est-ce qui peut être plus ou moins rapide à mettre en place et qui sera sans regret ? C’est-à-dire, ça n’empêchera pas, par la suite, de faire une rénovation globale. C’était un peu cette idée-là, avec une attention, comme je le disais tout à l’heure, sur l’usage. C’est-à-dire, est-ce que… Est-ce que c’est des choses qui sont pratiques à mettre en place ? Est-ce que c’est des choses qui demandent des compétences particulières ? Est-ce qu’il y a de la technicité ou pas ? Enfin voilà, c’était un peu tout ça. Et puis ensuite, il y a eu aussi une enquête. Non, pas une enquête. Il y a eu également un rapport d’information du Sénat en 2023 sur… sur le bâti scolaire et qui a montré aussi, alors on n’a pas de chiffres en fait, ce n’est pas évident, mais en tout cas qui a montré qu’il y avait une inadaptation du bâti scolaire. Et pareil, y compris sur des bâtiments récents. Parfois, ils constataient des grandes baies vitrées qui ne sont pas toujours protégées ou les cours goudronnés. Enfin voilà, tout ça fait que le parc scolaire n’est pas adapté à la chaleur.
Charlotte Simoni
Le risque de surchauffe ne se mesure pas uniquement à l’ancienneté d’un bâtiment ou à la qualité de sa construction. L’environnement dans lequel se trouve l’école joue lui aussi un rôle déterminant. Une cour très bétonnée, un contexte urbain avec des îlots de chaleur, l’absence d’ombre, autant de facteurs qui peuvent aggraver la chaleur. A l’inverse, des arbres bien placés peuvent parfois faire une différence considérable. Les cours de récréation sont notamment en première ligne de ces considérations. Souvent recouvertes de goudron, elles accumulent la chaleur et peuvent devenir difficiles à supporter pour les enfants. La végétalisation apparaît comme une réponse avec des bénéfices qui dépassent même le confort thermique. Mais transformer une cour, ce n’est pas simplement planter quelques arbres. Cela suppose aussi de revoir les habitudes, l’entretien et la manière dont on accepte le risque. Noémie Simon m’en dit plus.
Noémie Simand
On a vu que les cours d’école étaient devenus très standardisés, donc avec goudron, un petit peu de buisson de temps en temps, quelques arbres parfois et puis des jeux… très standard. Et ça, c’est aussi pour des questions de sécurité où personne ne veut prendre de risques. Donc, il y a cette question-là. Et quand on met en place ce qu’on peut appeler une cour nature, une cour où on va désimperméabiliser, on va végétaliser, on va mettre d’autres types de revêtements au sol. Cette question ressort sur l’entretien et sur la sécurité. C’est plus compliqué. Je ne crois pas que la solution parfaite a été trouvée. Il y a beaucoup de choses qui sont expérimentées. Mais ce qui est important de dire, c’est qu’il y a en tout cas une discussion à avoir avec les parents d’élèves et les enseignants autour de cette acceptation du risque. Et puis, bien sûr, la collectivité aussi, qui doit assumer quelque part un petit peu plus de risques. On ne parle pas de gros risques, on parle juste d’échardes ou de choses comme ça. Et puis, qui doit assumer aussi un surcoût d’entretien. Parce qu’une cour nature, c’est quoi ? Ça peut être des jeux avec des petits rondins sur lesquels les enfants sautent. Après, il y a quand même des normes de sécurité, bien sûr. Voilà, c’est des choses un petit peu différentes. Ça peut être des cabanes en osier, des petites cabanes en osier. Moi, j’ai vu ça dans une école. Ou au bout d’un moment, l’osier, il peut se dégrader un peu. Et du coup, ça fait des petits pics. Ou alors des sols en copeaux de bois pour amortir les chutes. Donc pareil, les copeaux de bois, ça peut faire des échardes.
Si on met plus de nature, si on met plus de végétaux, il peut y avoir des insectes. potentiellement qui piquent. Enfin voilà, c’est toutes des choses à accepter. Et puis aussi, c’est plus de salissures pour les enfants. Pareil, une cour nature, ce n’est pas forcément une petite cour proprette avec des petits espaces verts, tout beau, tout propre. Mais c’est aussi des espaces où l’herbe ne va pas forcément pousser, où les enfants adorent creuser, faire des trous dans la terre, faire un peu de gadou. Donc voilà, c’est un autre état d’esprit. C’est pour ça que ces cours d’école doivent forcément être faits en concertation. Mais en même temps, là, j’apporte un peu des aspects négatifs, mais il y a tous les bienfaits de ces cours, aussi bien en termes de pédagogie, de contact avec la nature. Il y a aussi un effet, on parlait tout à l’heure des îlots de chaleur au bain, c’est aussi éviter ce qu’on peut appeler une… pollution thermique, c’est-à-dire cette accumulation de chaleur dans ces cours, aussi bien pour le bien-être des enfants que pour le bien-être des voisins, des riverains. Il faut savoir qu’une cour goudronnée peut monter en température. Si on prend un thermomètre de contact, on peut voir que ça peut monter à plus de 50 degrés. Je dis ça, ça c’est issu d’une étude qui a été faite au Québec. Je n’ai pas fait la mesure moi-même, mais je pense que ça peut monter beaucoup plus haut. Il faut savoir qu’un enfant, du fait de sa petite taille, il est plus proche du sol. Donc, il ressent au niveau de son visage beaucoup plus encore cette chaleur.
Donc, les cours d’école végétalisées ont beaucoup de bienfaits en termes de bien-être des enfants. Ça va permettre de réfléchir autrement les espaces scolaires, de faire des petits sous-espaces où les enfants peuvent… peuvent être plus au calme. Donc, on le ressent sur le bien-être des enfants. Et puis aussi, ça permet éventuellement, si à l’intérieur, il fait très chaud, de faire cours d’école dehors. Donc, faire classe dans la cour d’école lorsque c’est plus agréable d’être à l’extérieur. Ce n’est pas toujours ça parce qu’on a vu que quand les températures augmentent énormément, même l’extérieur n’est pas agréable. Et puis, sur l’aspect… entretien, aussi, il y a des écoles où on a vu, ils demandent aux enfants d’aider un petit peu en balayant les copeaux ou en ramassant les feuilles mortes. C’est à la fois un peu symbolique et puis à la fois, c’est aussi une aide et il y a toujours des heures en moins pour les agents d’entretien. Donc à la fois, c’est un investissement, ça demande plus d’entretien, il y a des petits risques d’échardes ou autres, mais en même temps, ça apporte tous ces bienfaits qui sont non négligeables et qui profitent pas seulement à l’école, mais aussi au quartier. Et je pense que c’est pour ça aussi que ça a eu autant de succès. Malgré tout, on voit bien dans énormément de communes, il y a eu des projets. Il y a vraiment une adhésion, je pense, par rapport à ça.
Charlotte Simoni
Rénover l’ensemble des écoles prendra du temps et représente un investissement considérable pour les collectivités. Et concrètement, par où commencer ? Comment établir un diagnostic et identifier les bâtiments les plus vulnérables ? Quelle stratégie adopter ? Faut-il attendre une rénovation complète pour améliorer le confort des élèves et des enseignants ? Outre une stratégie globale, Noémie Simon m’explique qu’il existe des interventions ciblées, parfois relativement peu coûteuses, et qui peuvent déjà limiter la surchauffe.
Noémie Simand
Pour les collectivités, ça représente des coûts importants. Les écoles, c’est quand même une part importante de leur patrimoine. Parce qu’on parle d’école, mais on parle aussi de collèges et de lycées. Et pour les régions et les départements, c’est une part importante de leur patrimoine. Ils ne peuvent pas faire des travaux tout azimut sur tous leurs bâtiments. Donc il faut aussi prioriser. C’est quelque chose qu’on a mis en avant aussi dans le rapport. C’est-à-dire… Quand on parle de diagnostic, ou de savoir quel diagnostic on peut faire pour faire des travaux, derrière, on dit qu’il y a plusieurs types de diagnostic, mais ça dépend aussi du patrimoine que vous gérez. Est-ce que vous avez trois écoles sur votre commune, ou est-ce que vous êtes un département qui a une centaine de collèges à gérer et à entretenir ? Et dans ce cas-là… L’idée, c’est de monter une stratégie, donc de faire un diagnostic, peut-être un premier diagnostic où on va regarder avec quelques indicateurs quels sont les établissements les plus problématiques.
Et ensuite, mettre en place une stratégie pour dire qu’on intervient d’abord sur ces collèges-là et puis sur ces collèges-là, on va faire des choses plus légères. C’est vraiment dans l’idée de… On sait bien que les collectivités n’ont pas un budget extensible. Donc savoir un peu gérer ces problématiques de surchauffe et d’avoir une vraie stratégie. Donc c’est vrai qu’avoir une stratégie, ce n’est pas agir en urgence. Donc ça veut dire anticiper un petit peu les choses. Donc c’est sûr que ce n’est pas au mois de mai qu’il faut se dire comment j’interviens. Donc c’est vrai que ça demande un peu de temps. Mais là, pour l’année prochaine, les collectivités ont le temps de poser un peu les choses. Donc ça passe par une meilleure connaissance de son parc. Et ça, ça peut se faire déjà, comme je le disais, par un premier filtre. On va regarder, on peut voir des choses, on peut regarder les plaintes qui émergent. On peut regarder quelles sont les orientations principales des bâtiments. Est-ce qu’il y a des protections solaires ou pas ? On peut regarder même sur des photos aériennes, on voit pas mal de choses. Enfin, voilà. L’idée, c’est déjà d’identifier et d’établir une stratégie. Et ça, on peut le faire.
Nous, on a une méthode qui s’appelle ABCD. Donc, ABCD, c’est Adaptation du bâti en climat déréglé, qui ne concerne pas que la chaleur. En fait, l’idée, c’était vraiment de se dire, voilà, on a un changement climatique, il y a plusieurs risques qui sont identifiés. Il y a des tempêtes, les vagues de chaleur, les inondations, le retrait gonflement d’argile, etc. Il y a plein de risques identifiés. Et ensuite, en fonction des risques que la collectivité souhaite prioriser, on applique une méthode qui permet ensuite de déterminer un peu sur quel bâtiment agir. Donc ça, c’est quelque chose qui est important de pouvoir anticiper. et de savoir où agir. Et même si une collectivité, elle n’a que deux écoles, déjà, de savoir un peu, si je rénove complètement une école, l’autre école, je peux quand même mener des petites actions pour améliorer le confort immédiat des occupants. Et ça, c’est possible avec des budgets qui ne sont pas forcément énormes.
Il y a des solutions qui existent et qui sont expérimentées à la fois par le CEREMA. Le cérémonie méditerranée mène une action d’accompagnement sur des solutions d’urgence, des solutions rapides. sur les écoles, auprès des collectivités. Et puis, il y a aussi un programme qui est financé par Acté, un programme racine, où on est un peu dans le même état d’esprit et il y a des retours d’expérience très intéressants aussi. J’ai en tête, par exemple, j’ai vu un article sur France Info, sur une école, enfin une collectivité en Savoie, qui avait fait sur une de ces écoles une rénovation globale. côté de l’argent, mais qui était très bien. Et sur l’autre école, ils ont mis en place quelques actions. Ils ont installé des brasseurs d’air. Ils ont mis en place une aération nocturne. Les élus sont mobilisés pour ouvrir le soir l’école, etc. Et puis, ils ont installé des petits brises soleil fixes sur certains… certaines orientations qui étaient problématiques. Et dans l’article, le maire explique que ça lui a coûté 17 000 euros et l’article montre que les différentes parties prenantes sont plutôt satisfaites de ce qui a été fait. Ça améliore, ça a bien amélioré leur confort. Donc voilà, l’idée, c’est pas de faire… Dans l’idéal, il faudrait… tout rénover les écoles, mais en tout cas on peut aussi prioriser, gérer les urgences de manière un peu planifiée. Il y a des solutions bien sûr que peut-être que dans 20 ans elles ne seront pas suffisantes, mais en tout cas on peut déjà agir et ce sera toujours bénéfique pour l’école en question.
Charlotte Simoni
Une fois les écoles prioritaires identifiées, que faire ? Le rapport classe les gestes selon les principes du bio-climatisme. D’abord, aménager les abords. puis protéger le bâtiment du rayonnement solaire, puis évacuer la chaleur.
Noémie Simand
La première chose à faire, c’est vraiment de protéger les vitrages des rayonnements solaires. Ça, c’est hyper important. On a mis quelques chiffres. Dans le rapport, j’avais mis une fenêtre qui n’est pas protégée, qui fait un mètre carré. Ça fait déjà 600 watts de chaleur. Et après, ça dépend des orientations. plus de ouest en fonction de certaines orientations. Voilà, orientation ouest, par exemple. Donc, autant mettre un radiateur dans l’école. C’est une production de chaleur qui est très importante. Donc, déjà, ça, c’est vraiment une des grandes priorités. Donc, il y a ça. Il y a évacuer la chaleur la nuit. Donc, ça, c’est hyper important. On vient de le dire. Ça évite que le bâtiment se charge nuit après nuit. Il va cumuler il ne va pas pouvoir évacuer la chaleur. Et donc, on repart chaque matin avec une température encore plus haute que la veille. Je pense qu’on le constate chez nous. C’est quelque chose qu’on surveille beaucoup en ce moment. Je pense que les particuliers aussi, ils ont expérimenté beaucoup de choses. Donc, évacuer la chaleur et puis assurer le confort avec le brasseur d’air. C’est quand même assez efficace. Alors, ça dépend sans doute des modèles, etc. Mais en tout cas, un brasseur d’air bien posé, Si on a une vitesse d’air d’un mètre par seconde, on a une température ressentie de 2 à 4 degrés en moins. Et ça sera accentué encore si on a un petit vaporisateur qu’on se met sur le visage. On ne baisse pas la température ambiante. Si on prend le thermomètre, on aura la même température. Mais en termes de ressenti, c’est très important. Ça rafraîchit le corps et c’est ce qui importe au final.
Donc, il y avait ça et puis, effectivement, la désimperméabilisation de la cour dont on a parlé. Mais vraiment, protéger les vitrages, c’est vraiment l’action numéro un. Et on voit beaucoup d’actions un peu low-tech et un peu d’urgence qui se mettent en place, mais qui sont efficaces, mettent en place des couvertures de survie. Donc, c’est quelque chose qui s’est énormément, on en parle de plus en plus et on en voit de plus en plus. Mais moi-même, je l’ai expérimenté chez moi il y a quelques années et c’est… Ça arrête radicalement le rayonnement. C’est vrai que ça assombrit la pièce, mais ça a un effet très important. On a parlé aussi du blanc de meudon, qui va être un peu moins efficace, mais qui va quand même avoir son effet. C’est vrai que ce sont des solutions qui sont plus ou moins bien acceptées, parce que c’est synonyme aussi de bricolage. Mais en même temps, ce n’est pas à négliger.
Je pense que l’urgence, c’est quand même d’aider les occupants à être mieux dans leur établissement scolaire. Donc, il y a un peu un… un problème de perception des choses. Parce qu’on a une habitude de confort et on exige une action de la collectivité. Mais la collectivité, au niveau des budgets, ce n’est pas forcément évident. Donc, c’est des choses qu’elles pourraient mettre en place, mais parfois, elles n’osent pas non plus parce que c’est perçu aussi comme des solutions de bricolage. Ça ne peut pas être que la solution, bien sûr, mais en tout cas, c’est tout un panel de solutions à mettre en place. Et je pense qu’il y a vraiment un dialogue à engager aussi avec les parents d’élèves pour qu’il y ait vraiment une compréhension de part et d’autre des problèmes dans sa globalité. Et c’est vrai que là, on a vu cette année, c’était vraiment… autant dans notre environnement, dans les quartiers, que dans les journaux, dans les articles. On voit vraiment une mobilisation des parents d’élèves. Donc, on est dans une situation un petit peu tendue et il faut que les choses soient regardées aussi de manière plus posée. Alors voilà, on sait que le réchauffement climatique s’accentue. Donc, on sait bien qu’il faudra aller vers des solutions peut-être… technologiques.
Donc, voilà. Mais ce qu’il faut prendre aussi en compte, c’est le fait que les solutions passives, elles ne nécessitent pas d’énergie, elles ne nécessitent pas de compétences techniques complexes. Donc, elles sont passives, elles ne se pèsent pas forcément sur le budget des collectivités dans leur entretien et dans leur consommation au quotidien. Bien sûr, il faut les… Il faut installer ces solutions, mais on installe des brasseurs d’air, ça a un coût. Mais ensuite, en termes énergétiques, c’est quand même pas très consommateur d’énergie. Et puis, pour brasseurs d’air, ce n’est peut-être pas le bon exemple, parce que ce n’est pas forcément une solution passive. Mais en tout cas, si on met un débris de soleil fixe, par exemple, ou si on met une casquette qui va protéger du rayonnement solaire, une fois qu’on l’a posé, a priori, ça ne consomme pas d’énergie. Et puis, s’il y a une coupure de courant, cette solution-là sera toujours en place et fonctionne. Et puis, là, on parle beaucoup de climatisation en ce moment. Donc, l’idée, ce n’est pas de dire qu’il ne faut absolument pas poser de pompe à chaleur réversible de climatisation. Mais déjà, il faut essayer aussi de diminuer le… le besoin de climatisation. Donc, plus on aura de solutions passives qui permettront de protéger un peu le bâtiment des apports solaires extérieurs et de cette surchauffe-là, moins la climatisation sera sollicitée. Donc, ce n’est pas incompatible de toute façon. Donc, ces solutions passives, elles sont à examiner de manière prioritaire. Parce que… Ce n’est pas incompatible et c’est de toute façon nécessaire. Et puis, il faut penser à cette question de résilience. Il y a eu des coupures d’électricité. Les systèmes électriques sont soumis à dure épreuve et il peut y avoir des coupures. Il peut y avoir des fermetures de centrales s’il fait trop chaud. Donc voilà, il faut penser aussi à des bâtiments qui puissent être assez confortables dans des situations de crise aussi.
Charlotte Simoni
Les recommandations du CEREMA donnent une direction, mais leur mise en œuvre dépend des réalités de chaque commune. L’état des écoles, les budgets disponibles, les contraintes techniques et les besoins des équipes éducatives. À Chatou, dans les Yvelines, la ville compte 5 écoles élémentaires et 8 écoles maternelles. Depuis 2022, 5 cours ont été réaménagés, 3 ont fait l’objet d’une reprise complète, tandis que les autres ont été végétalisés et désimperméabilisés en partie. Mais dans la réalité, est-ce que les prises de décisions sont longues ? Est-ce que le travail de recherche et d’identification des écoles à rénover prend du temps. Mathieu Evide, responsable du service voirie et environnement, m’explique comment ces arbitrages se font.
Mathieu Evide
Je dirais que oui, il faut quand même avoir des éléments de base. Nous, ce qu’il faut savoir, c’est qu’à Chatou, on a la chance d’avoir, on appelle ça une maîtrise d’œuvre interne. C’est-à-dire qu’on est des services techniques assez complets et donc on peut se permettre de mobiliser différents techniciens, différents experts. en interne pour pouvoir rapidement travailler sur des projets. On est aussi accompagné par des entreprises à qui on est en marché, qui nous renseignent et nous accompagnent dans le choix des matériaux, dans toutes ces choses-là, ce qui nous permet d’aller très vite. dans la définition du besoin et du projet. Et puis derrière, pareil, comme je disais, on avait déjà des trames de subvention, on travaillait déjà avec tous nos partenaires. Donc on savait comment monter les dossiers. On connaissait, entre guillemets, il n’y avait plus qu’à modifier les montants, mais les volumes, les différents métrés sur des projets comme ça.
Charlotte Simoni
À Chatou, certaines cours rénovées représentent plusieurs centaines de milliers d’euros d’investissement. Pour une commune, la question n’est donc pas seulement de savoir quels travaux sont nécessaires, mais aussi comment les financer. Les subventions peuvent couvrir une part importante de la facture, mais elles ne suppriment pas toutes les contraintes budgétaires. Il faut aussi pouvoir avancer les fonds et disposer des équipes pour monter les dossiers. Mathieu Evide m’en dit plus.
Mathieu Evide
Je ne dis pas qu’on arrive facilement à l’avoir, je dis qu’on arrive facilement à monter les dossiers. Après, il faut toujours passer en commission. Ce n’est pas simple pour toutes les communes. Toutes les communes ne sont pas, je veux dire, staffées comme nous. On n’a pas aussi des moyens qui permettent de, tous les ans, faire ce genre de travaux, donc c’est sûr. Il y a beaucoup aussi maintenant de mairies qui font appel à des maîtresses d’oeuvre, on va dire plutôt des bureaux d’études, qui vont faire ce travail pour eux. Et après, les communes et les subventionneurs aiment bien faire partager les expériences. Je sais que nous, après avoir fait ce chantier-là, nos subventionneurs et les communes voisines sont venus visiter cette cour-là, ainsi que d’autres cours d’école qui ont été faits. C’est quelque chose qui se fait beaucoup entre communes. On va visiter ce que les autres ont fait, on fait des retours d’expérience, bons ou mauvais. Souvent, les mauvais retours sont tout aussi bons à prendre que les bons. Toutes les mairies ne peuvent pas. Après, elles sont aussi aidées par leurs propres entreprises qui ont l’habitude de travailler dans d’autres communes. Je pense que depuis toutes ces années, maintenant, il y a un peu un cercle de savoir-faire sur les dossiers de subvention. Et les subventionneurs accompagnent également. Ils ne sont pas là, ils ne font pas que donner de l’argent. Il nous pousse à faire les meilleurs projets. Il nous accompagne aussi à aller chercher le maximum d’argent. Tous ses partenaires, je pense notamment à l’Agence de l’eau de Normandie, la région Île-de-France aussi, sont nos deux plus gros subventionnaires. L’agglomération nous accompagne beaucoup maintenant. Nous, on adhère également à une association, l’association Espace, qui est là spécifiquement pour affiner les projets. Ils connaissent très bien les subventionnaires. Ils nous aident à façonner le dossier. pour avoir le plus de chances d’avoir un dossier complet et qui passerait aux commissions.
Charlotte Simoni
Le choix des aménagements dépend aussi des moyens que la commune peut mobiliser. Les subventions permettent de financer une partie des travaux, mais elles ne gomment pas les contraintes budgétaires. Il faut définir les priorités et trouver le meilleur équilibre entre les besoins des écoles et le coût des solutions envisagées. Car toutes les interventions n’ont pas le même prix. Inutile, par exemple, de reprendre entièrement une course si des aménagements ciblés suffisent à améliorer son confort en période de chaleur. Mais dès que les travaux touchent au sol, la facture peut rapidement augmenter. À surface égale, un revêtement perméable coûte environ deux fois plus cher qu’un revêtement classique, notamment parce qu’il nécessite une structure adaptée à l’infiltration et au stockage de l’eau. Mathieu Evide.
Mathieu Evide
C’est l’état général de la cour qui prime. Vous me parliez de l’école Victor Hugo, qui est un très bon exemple. C’est une belle réalisation. On est sur une cour de 2 m² qui était assez peu arborée. C’était vraiment un grand carré de goudron, mais il était en bon état. Il était assez peu abîmé, juste, c’était un îlot de chaleur. Ça manquait de verre et d’ombre. Du coup, l’idée est venue de le faire. On a proposé un projet de créer un grand îlot végétalisé au milieu. Quand je dis un îlot, c’est-à-dire qu’on a creusé de grandes fosses continues, on y plante des arbres, on les contourne avec des traverses en bois pour que les enfants puissent s’installer autour de cet îlot végétalisé, justement. On l’a calculé pour qu’il soit au milieu de la cour afin que toutes les autres pluies puissent alimenter ses arbres, etc. Pour avoir tout cet effet fraîcheur, allier l’ombre à l’évapotranspiration pour que les enfants puissent avoir ce coin de verdure et de fraîcheur au milieu d’une cour d’école qui n’est pas en mauvais état, donc qui ne nécessite pas de travaux lourds. L’ensemble de chacune des cours, je n’ai pas fait le calcul, mais par exemple, on peut voir que l’école des Champagnes, qui faisait… Un peu plus de 600 m², c’était 250 000 euros.
L’école Jean Rostand, qui fait 4000 m², qui a été réalisée en deux fois, c’est presque 700 000. Après, c’est des montants. Il faudrait rentrer dans le détail de chaque cours d’école. L’école des Champs-Pagnes, c’est une maternelle. Dans les maternelles, on met des jeux. Donc, à l’époque, on avait fait le choix d’une belle structure en bois, grande. L’école Jean Rostand, c’est une primaire. Dans les élémentaires… On ne met pas de jeux, on met plutôt des agresses sportives comme des panneaux de basket qui sont moins coûteux. Ce n’est pas tout à fait les mêmes budgets, mais on ne parle pas tout à fait des mêmes choses. En fait, la différence majeure entre une structure classique, on va dire un goudron noir imperméable et un enrobé, ce que j’appelle enrobé de Rénan, qui va être donc perméable, lui, il va lui falloir une structure en dessous qui va permettre de faire descendre l’eau dans le sol et de la stocker en cas de grosse pluie. Donc, ce qui va coûter le plus cher, c’est qu’il y en a un, il faut creuser plus et apporter plus de matériaux et des matériaux. un petit peu plus technique. Grosso modo, il y a un rapport de 1 pour 2. Il y a une cour d’école classique pour 100 000 euros de classique, c’est 200 000 euros de perméa.
Charlotte Simoni
Et voilà, cet épisode est terminé et j’espère qu’il vous a plu autant qu’à moi. Pour retrouver toutes les sources d’informations sur ce sujet, rendez-vous sur la page dédiée du site internet du podcast www.achaudpodcast.fr.
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A très vite pour un nouvel épisode !
